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31-10-2014Média : l'accueil de la presse - l'épopée de Bruno Fahy

Média : l'accueil de la presse - l'épopée de Bruno Fahy

Les fédérations sportives ne semblent pas conscientes de l'intérêt qu'elles ont de bien accueillir la presse...


Les récentes coupe du Monde ont été des succès au niveau des médias, que ce soit au football ou au hockey. Du moins, c'est ce qu'on fait croire certains médias aux moyens largement énormes; entre autres, les télévisions qui sont toutes puissantes et qui écrasent les autres médias. Les sommes mises en jeu au niveau télévisuel sont faramineuses et ne sont en rien comparables avec celles des autres médias comme la presse écrite qui perd peu à peu de son espace, tout en gardant son influence indéniable.

Le grand gagnant de la course aux billets est le football où on se trouve dans une logique purement financière et de moins en moins sportive : le show, pas le sport. Des petits sports comme le hockey doivent se battre à armes inégales et les performances réalisées par l'Euro 2013 ou le Mondial 2014 sont  remarquables.


Tout ne fut pas parfait et certaines grosses erreurs ont été commises, essentiellement parce qu'il n'a pas été fait appel à des spécialistes connaissant les divers métiers des médias. La Coupe du Monde aux Pays-Bas, dont le budget avoisinait les 19 millions d'Euros - soit près de 7 fois celui de l'Euro de Boom -, fut un modèle du genre car il regroupait des organisateurs qui avaient tiré les leçons de plusieurs décennies de grosse organisations. Dans l'équipe, il y avait déjà des participants au Mondial d'Utrecht en 1998.

 



Le bilan fut largement positif pour ce mois de juin du Mondial. Pour le hockey du moins, car pour le Foot, ce fut tout autrement. J'ai repris un article paru dans le bulletin de l'Association Professionnelle des Journalistes Sportifs et qui montre le douloureux parcours d'un photographe parti couvrir la coupe du Monde de football au Brésil. Nous sommes loin des problèmes du hockey, mais il fut un temps pas si éloigné où certaines salles de presse du hockey ressemblaient aux fameuses tentes que vous allez découvrir dans l'article qui suit.


C'est le photographe Bruno Fahy de Belga qui a été la malheureuse victime d'une organisation foireuse et qui la raconte avec beaucoup d'humour.

Merci à l'APJS pour avoir autorisé la reproduction de cet article.


Ma première Wolrd Cup
par Bruno Fahy


Je pense que je m'en souviendrai longtemps: ce coup de fil du responsable photo de Belga. « J'ai donné ton nom à la FIFA, je pense que c'est une bonne idée que tu ailles faire des photos pour nous à la coupe du monde au Brésil » m'avait-il lancé, directement. 


Alors voilà, plus qu'à attendre les mois qui me séparaient du vol vers ma première World Cup et de ses diverses expériences... Dans l’avion vers Sao Paulo, on a pu faire quelques photos des sièges des joueurs et même l'entrée des Diables dans celui-ci.

L'arrivée fut chahutée : la sortie des joueurs a posé problème aux autorités et j'ai pu avoir, à la volée, quelques images. A Guararema, même éloigné du centre d'entraînement (une volonté de l'Union Belge), l'hôtel de la presse était un bon choix : suffisant. Mais au centre d'entraînement « Paradise Resort » à Mogi : la tente climatisée en guise de press room a vite montré ses limites, surtout quand les journalistes étrangers sont arrivés. Pas sécurisée, wi-fi capricieux (mais Belga avait pris l'option de payer la location du câble… beaucoup trop cher), frigo vite à sec vu la chaleur. Sans parler du buffet : aucune solution pour avoir quelque chose de correct à moindre frais.


Le travail à Mogi n'était pas simple pour nous : Marc Wilmots a changé ses horaires presque quotidiennement. Nous étions prévenus la veille (parfois tard). Deux ou trois entraînements se sont fait sur un terrain annexe entièrement grillagé : difficile d'avoir des images correctes. Impossible d'avoir des portraits de joueurs, ni dans l'hôtel, ni dans des activités hors football.


Seulement donc à l'entraînement ou lors des interviews TV ou pendant les conférences de presse.... très mal éclairées. Pour la communication, Stefan Van Loock a fait ce qu'il pouvait (comme d'habitude), sans plus.


Quant à Bob Madou, je dois bien avouer encore lui chercher une utilité: le peu de choses qu'on lui a demandé se sont soldées par un refus ou une info erronée.


Concernant les vols et transferts : c'est là le plus gros souci. Tout s'est plutôt bien déroulé pendant les matches du 1er tour, si ce n'est par exemple que le choix des hôtels n'était pas des meilleurs. Pour le tour suivant, tout s'est compliqué. Complètement abandonnés par Sun Reizen, nous avons dû, sur 1 heure, chercher vols et hôtels vers Salvador de Bahia, tout cela au prix fort, sur des vols différents, hôtels différents.... alors que ce déplacement était relativement prévisible (1ers du groupe) .


Avec le décalage horaire, il fut difficile de contacter nos rédactions et chefs en Belgique pour avoir les accords pour débloquer les fonds pour pouvoir voyager. Cela a pourri l'ambiance de quelques soirées. Problèmes qui auraient pu prendre une tournure dramatique à l'issue du match de quart de finale à Brasilia…

Pas facile de trouver un vol pour aller à Brasilia, et quelques heures avant le match (!) nous ne savions pas encore comment nous allions rentrer vers Sao Paulo (et vers Guararema où étaient une partie de nos bagages). La solution : un « bus de luxe » autour de 500 euros pour un trajet de +/- 12heures. Mais finalement presque la totalité des journalistes avaient réservé un vol pour rentrer (sans prévenir, merci la solidarité).


Nous nous sommes donc retrouvé à 6 photographes pour les deux bus et avons entamé notre dangereux périple (attaque du bus en pleine nuit) vers Sao Paulo dans un car qui n'avait rien de luxueux : pas de couchettes, pas de repas (seulement un peu d'eau). Nous avons également dû changer notre itinéraire en cours de route.

Contrairement à ce que Bob Madou nous avait annoncé, Wilmots faisait une conférence de presse à Mogi à 11h : nous avons donc mis le cap vers le Paradise. Nous sommes arrivés à 10h et quelqu'un de l'Union Belge n'a pas voulu que l'on nous ouvre les grilles pour nous installer. Nous avons donc dû attendre 1h au soleil (après les 12h de car) pour pouvoir enfin rentrer dans ce centre de presse (sans électricité ni boissons) pendant que des collègues cherchaient une solution pour ramener nos bagages de Guararema à Mogi.


Dommage de terminer une expérience unique comme une coupe du Monde par des faits pareils... et bizarrement on a déjà envie d'y retourner.... Car personnellement mon objectif était rempli, et bien rempli.






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