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27-12-2012Portrait : Un Belge T1 des Dames suisses

Portrait : Un Belge T1 des Dames suisses

Le Louvaniste Pierre-Emmanuel Coppin est devenu le nouvel entraîneur de l'équipe nationale féminine suisse.


Okey : Grosse nouvelle pour toi, cette nomination de T1 de l’équipe nationale suisse féminine !
Pierre-Emmanuel Coppin : En effet, cela fait plusieurs semaines que nous sommes en discussion. J’avais déjà travaillé début 2012 avec les équipes nationales Messieurs et Dames lors des championnats d’Europe en salle comme vidéo analyste et comme assistant. Je travaille depuis une année comme coach des U18 Girls. Au début de la saison, Swiss Hockey a changé de CA et était à la recherche de nouveaux staffs pour ses équipes nationales. Le directeur technique m’a donc proposé ce challenge avec les dames ce que je ne pouvais évidemment refuser.


Okey :  Comment es-tu arrivé en Suisse !
Pierre-Emmanuel Coppin : Avant d’arriver en Suisse, je travaillais à Leuven, où j’étais directeur de l’école de jeunes, T1 chez les dames et assistant chez les Messieurs. J’étais aussi vidéo analyste pour les équipes nationales U16 et U18. Mon contrat à Leuven n’étant pas renouvelé, j’étais à la recherche de nouveaux challenges. Mais mon CV et mon expérience n’étant pas suffisants pour une équipe du top en Belgique, j’ai décidé de tenter ma chance à l’étranger. Deux opportunités s’offraient à moi : coach des U21 au Canada ou alors T1 au Servette HC de Genève. La première était évidemment très intéressante mais j’avais peur de sauter une étape dans ma carrière de coach. J'ai donc opté pour la Suisse et son championnat.


Okey :  Tu es entraîneur du Servette depuis deux ans . Avec quels résultats ?
Pierre-Emmanuel Coppin : La saison dernière, je n’avais pas d’obligation de résultat sportif, je devais orienter mon travail sur l’intégration des jeunes joueurs du club en équipe première. A l’inter saison, beaucoup de joueurs ont décidé d’arrêter l’équipe première, il fallait donc reconstruire une nouvelle équipe. Mais en équipe et grâce au travail collectif, nous avons fait une excellente saison extérieure. On gagne la coupe de Suisse (un championnat important chez nous puisqu’il qualifie l’équipe pour une coupe d’Europe), on termine troisième du championnat régulier et on perd malheureusement en finale des play-offs contre Wettingen après un match fou.
Pour ce qui est du championnat salle, nous avons terminé deuxième du championnat régulier et nous perdons en demi-finale play-off.
Pour cette saison, nous sommes actuellement deuxième du championnat extérieur et intérieur. 

 

Okey : De beaux résultats dans les chiffres, mais l'essentiel est ailleurs !

Pierre-Emmanuel Coppin : Pour moi, le plus important sont les résultats obtenus en dehors des matches de compétitions, sur et en dehors du terrain (changement de la mentalité, suivi de la formation technique des jeunes, création d’une école d’entraîneurs, formation des coaches, …). J’ai la chance d’avoir un club qui met beaucoup de moyen dans la formation et l’encadrement. C’est là qu’il faut mettre la véritable énergie afin de pouvoir avoir de bons résultats dans le futur. On verra donc dans quelques années si le travail d'aujourd'hui payera vraiment.


Okey :  La Suisse n’est pas d’un très haut niveau européen !
Pierre-Emmanuel Coppin : En effet, le niveau du hockey extérieur en Suisse n’est pas très élevé par rapport au championnat belge, allemand ou hollandais mais notre niveau en championnat est comparable au championnat français. Pour ce qui est des équipes nationales, là il y a un véritable retard même sur la France. Le nouveau comité Swiss Hockey est en train de travailler dur afin de mettre une véritable politique de formation de ces équipes nationales. Il ne faut pas oublier qu’il y a une quinzaine d’année la Suisse était au niveau du hockey belge.

 

Okey : Et la salle ?
Pierre-Emmanuel Coppin : Là, nous pouvons dire que nous sommes bien au-dessus du niveau belge. Même si regarder un match en Belgique ou en Suisse est tout à fait différent. La Suisse est championne d’Europe en U21 boys et défendra début 2013 son titre. J’ai vraiment pris du plaisir à découvrir le hockey en salle l’année dernière et je dois avouer que je prends encore plus de plaisir à coacher cette année car en salle le moindre changement tactique a son importance, le moindre petit détail peut vous faire gagner ou perdre un match.


Okey :  Combien y a-t-il de clubs, de joueurs en Suisse?
Pierre-Emmanuel Coppin : Je ne pourrais te dire combien il y a exactement de licenciés en Suisse mais je crois qu'il est équivalent au nombre de membres de l’Orée. Le nombre de joueurs de hockey de 6 ans à 21 ans est de 654. Il y a très peu de club en Suisse : une vingtaine mais Swiss Hockey a engagé deux personnes afin de développer le hockey en Suisse et de nouveaux clubs sont en train de voir le jour. Il faudra du temps mais le hockey suisse progresse.


Okey :  On connaît Wettingen en salle et en EHL ; mais la Suisse a disparu de l’EHL !
Pierre-Emmanuel Coppin : La saison passée Wettingen jouait encore en EHL, ils ont d’ailleurs croisé le fer avec le Dragons : ils ont tenu le coup durant une mi-temps ensuite ils se sont fait dévorer tout cru en deuxième mi-temps.  Cette année, Wettingen essayera de remporter sa coupe d’Europe afin de réintégrer le groupe EHL. Ensuite pour rester dans le groupe EHL, il faut aussi avoir un peu de chance dans le tirage au sort, car pour nous il est impossible de pouvoir rivaliser avec des équipes pros ou semi pros comme Rotterdam, Racing, … Mais par contre jouer contre des Lille ou Paris St Germain, ce sont des rencontres à notre niveau.


Okey :  Quelle est l’ambition des Dames ; important rendez-vous en Juillet à Athènes ?
Pierre-Emmanuel Coppin : Il va falloir former un groupe et ensuite une équipe afin de participer à la coupe d’Europe à Athènes. Swiss Hockey aimerait que nous puissions grâce à ce tournoi remonter dans le groupe B. Il va donc falloir travailler dans cette direction et analyser rapidement nos forces et nos faiblesses. Il est important pour le futur du Hockey Suisse que cette équipe retourne en B afin de recevoir plus d’aide de Swiss Olympic.

 



Okey :  Tu vas grandir comme coach international ; c’est devenu ton métier. Quelles sont tes acquis et ton devenir  ?
Pierre-Emmanuel Coppin : En partant à l’étranger, j’ai fait le choix de faire du hockey mon métier. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir fait de ma passion mon métier. Mais comme dans pratiquement tous les métiers, il faut rester à jour, suivre des formations, être à l’écoute, observer et innover. Quand j’étais en Belgique, je pouvais m’informer plus facilement sur les nouveautés. Ici en Suisse, c’est plus compliqué pour continuer à se former aux nouveautés du hockey. Ne travaillant plus pour la fédération belge, je n’ai plus la chance de pouvoir travailler aux cotés de coach comme Adam (Commens), Colin (Batch), Philippe (Goldberg). Je peux toujours voir les matches, les analyser mais je ne profite plus de leur expertise, il faut donc aller la chercher ailleurs.
 Mais le métier de coach-entraineur est tellement complexe qu’il ne suffit pas de suivre les cours de la FIH, je vais donc suivre aussi une formation d’entraîneur élite donné par Swiss Olympic, ce qui me donnera au final un diplôme d’état. Cette formation est très intéressante car elle est ouverte à tous les sports. J’aurais donc la chance de partager mon expérience avec d’autres expériences venant de sport comme le hockey sur glace, le football, le ski, … Je pense que nous avons beaucoup à apprendre des autres sports aussi bien pour l’entraînement que pour le coaching.
Pour mon devenir, je suis encore sous contrat pour une année et demi comme coach du Servette HC, c’est donc ma priorité du moment. J’ai des projets et des rêves pour le futur mais je veux construire ma carrière calmement et posément sans brûler les étapes. De plus quand tu choisis de devenir coach, tu sais quand tu commences ton contrat mais tu ne sais jamais de quoi sera fait demain.
 
Okey :  Le handicap de la Suisse, c’est l’hiver ?
Pierre-Emmanuel Coppin : L’hiver et la neige ne facilitent pas du tout la pratique du hockey sur gazon. Notre championnat est très particulier, on commence le premier week-end de  septembre pour terminer le premier tour le deuxième week-end d’octobre. Il faut donc jouer des doubles week-ends afin de caser aussi les 2 premiers tours de la coupe de Suisse. Le froid arrivant à grande vitesse, les terrains sont vite impraticable. Ce qui nous permet de pouvoir avoir une véritable préparation pour le championnat salle d’un mois. Le championnat extérieur lui reprend début avril pour se terminer fin juin avec les finales des play-offs. Ce calendrier est donc lui aussi un handicap car nous ne sommes jamais en coordination avec les autres championnats; un véritable casse-tête pour les préparation d’avant-saison.


Okey :  Il y a des Belges célèbres en Suisse !
Pierre-Emmanuel Coppin : Je ne sais pas si on peut dire célèbre mais il y a pas mal de Belges qui sont passé par la Suisse et par le Servette HC, Jeroen Bart (Antwerp), Julien Robyns (White Star), un des frères Castus (Leuven) ont joué pour le Servette HC. Pour cette saison en salle, j’ai pu convaincre Laurent Dierickx (Orée) de nous rejoindre et défendre la cage de notre équipe. J’espère qu’il deviendra une célébrité en remportant le premier titre de champion de Suisse en salle de l’histoire de notre club.   
 
Okey : La Suisse est attractive ?
Pierre-Emmanuel Coppin : Aussi bien à Genève qu’à Lausanne, il y a de très bonnes universités et le Servette HC est toujours heureux d’accueillir et d’aider des hockeyeurs. La politique de recrutement de notre club n’est pas de payer des joueurs mais de les aider à trouver un emploi et de s’installer à long terme chez nous. Une formule Win-Win.






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